lundi 12 décembre 2011

Le pain d'oiseaux

À l'automne, l'engouement pour le pain d'oiseaux est à la mode et tout le monde y va de sa recette personnelle. Même si toutes les recettes semblent appréciées des oiseaux, il faut user de prudence. Ce n'est pas parce qu'une sorte de pain d'oiseaux disparait à la vitesse de l'éclair qu'il est le meilleur pour ceux qui le consomment. Comme je le dis souvent, nous les humains, nous avons tendance à penser en humain et non en fonction des oiseaux. Je vous fais donc part de quelques remarques et conseils découlant de plusieurs de mes recherches et observations.

Pendant de nombreuses années, j'ai essayé diverses recettes et j'étais toujours intrigué par l'intérêt que portait les oiseaux à ces recettes. À l'aide de ma jumelle j'observais ce que le volatile consommait en premier et ce qu'il rejetait souvent. C'est finalement à une recette bien simple qui paraît dans "Le Grand Livre pour attirer les oiseaux chez soi" que mon choix s'est arrêté.

Un pain d'oiseaux ne devrait pas contenir de graines, du moins non décortiquées. La plupart des oiseaux , à part quelques espèces comme les tourterelles, les pigeons, etc, décortiquent leur graines pour n'absorber que l'amande. Or lorsqu'on incorpore des graines avec leurs écales les oiseaux ont tendance à les rejetter car ils ne peuvent en retirer l'amande puisque le tout est enrobé de gras qui colle au bec. S'ils absorbent finalement la graine, l'écale devra être rejettée par le système digestif. Donc un travail inutile et exigeant de l'énergie supplémentaire de la part de l'oiseau. Malheureusement, les blocs vendus sont faits pour être attrayants pour les acheteurs et non pour les oiseaux. Voilà donc pour les graines.
Il faut également minimiser l'apport de sel dans notre préparation. Il faut alors choisir les composants ayant le moins de sel possible. Un gramme de sel n'est peut-être pas énorme pour la taille d'un humain mais il le devient pour celui de l'oiseau. C'est d'ailleurs une des raisons qui m'incite à ne jamais donner de pain aux oiseaux. En plus d'être un aliment offrant peu d'énergie à l'oiseau, le pain donne rapidement une sensation de satiété et les besoins de l'oiseau sont loin d'être comblés.
Pour les mêmes raisons que le pain, il faut éviter toutes les recettes qui s'apparentent au gâteau. Il y a trop d'ingédients qu'on doit ajouter est qui ne sont pas compatibles avec le système digestif de l'oiseau. Je pense entre autres à la poudre à pâte, le sucre, le sel, etc.
Il faut également éviter le sucre et spécialement le sucre blanc. Certaines espèces d'oiseaux comme l'oriole et le colibri vont pouvoir le métaboliser mais chez les granivores, il n'est pas certain que cet aliment soit approprié pour eux. Dans le doute, j'aime toujours mieux m'abstenir.
Le gras de bacon n'est pas le gras idéal à utiliser. Il est trop salé et plein de produits chimiques. Il faut éviter la surchauffe de la graisse. Souvent la tranformation du gras chauffé modifie l'aspect moléculaire et et lui enlève sa nature même.

En somme, selon moi, un pain d'oiseaux doit pouvoir se préparer à froid, contenir du gras (beurre d'arachide et graisse végétale) et des aliments moulus et riche en énergie comme le maïs. On peut y incorporer également un peu de gruau et de farine de blé mais en moindre quantité.

6 commentaires:

Anonyme a dit...

Remarques intéressantes.

Cello a dit...

Très intéressant M. Lacroix.
Personnellement, je ne mets pas de graines car il y en a dans les mangeoires et les pics y vont rarement, sinon jamais.

J'aimerais avoir votre avis sur deux choses. En hiver, graisse végétale ou pure lard? Je serais porté à croire que la graisse animale serait préférable...
Aussi, que pensez-vous de l'ajout de coquilles d'oeufs broyées et préalablement passées au four?

Merci à l'avance et bravo pour votre blog très enrichissant!

Cordiales salutations,

François.

Gilles Lacroix a dit...

Il n'y a pas de doute que la graisse animale est celle de premier choix. C'est d'ailleurs la raison pourquoi on offre du suif en hiver aux oiseaux. C'est une excellente source d'énergie. Par contre, pour le pain d'oiseaux, j'utilise toujours de la graisse végétale pour une raison fort simple. Je veux éviter de faire fondre car je trouve difficile à effectuer le mélange à froid avec de la graisse pure lard. De plus, j'utilise été comme hiver la même recette et je n'ai pas à déterminer si mon mélange est devenu rance si nous avons une période de redoux. Donc chez-moi, même recette de pain d'oiseaux à l'année et ajout de graisse animale à partir du premier novembre. Cette année, j'ai dû le changer en début décembre car le mois de novembre a été trop chaud et le suif avec perdu beaucoup de sa qualité.

Pour les coquilles d'oeufs, je ne vois pas de contre-indication à en ajouter dans le mélange mais mes préférences vont toujours à les offrir sur le plateau avec mon mélange de graines. Ainsi l'oiseau aura le choix d'en gober ou pas alors que dans le pain d'oiseaux, on le force à absorber du calcium et peut-être qu'il n'en a pas besoin.

Merci d'avoir commenté.

Cello a dit...

Merci beaucoup pour vos précisions.
C'est très instructif.
Je vais opter pour un petit peu de poudre de coquille d'oeuf, comme une vitamine. :)

Merci de votre attention.

Anonyme a dit...

Pour le suif animal vous vous le procurez à la boucherie ?

Vicky, Saguenay

Gilles Lacroix a dit...

Pour le suif, je me le procure à l'automne chez un boucher qui a un petit abattoir. Comme il n'y a pas de preneur pour ce gras lorsqu'il dégraisse la carcasse, il doit l'envoyer avec les viscères. Il me vend donc un 50 livres pour 10.00$ et j'en ai amplement pour tout l'hiver.
Si vous connaissez un petit abattoir dans votre région, je crois que ce sera le meilleur endroit pour vous en procurer à bon compte. Informez-vous aux chasseurs où ils vont faire débiter leurs prises. Ce sont normalement des boucheries qui opèrent à l'année et où vous trouverez le suif.
Dans les boucheries déservant les gens, il est rare de trouver du bon suif car le meilleur à été enlevé dans les abattoirs.