jeudi 2 janvier 2014

1 janvier ( suite)


     Bien au-dessus de l’horizon, dans un ciel bleu mur à mur,  le soleil éclaire les cristaux d’humidité qui tombent vers le sol comme de petites étoiles décrochées du firmament. Soudain, quelques tourterelles font leur apparition dans le lilas face à la mangeoire automatisé. Le mélange de tournesol, maïs concassé et millet servi mécaniquement ce matin à 7.00 h les  attire rapidement. Elles ont appris à se réfugier sur ce plateau fermé de trois côtés. Suite à un copieux déjeuner, elles y passent souvent des heures à l’abri du vent, écrasées sur elles-mêmes, à se faire chauffer par les rayons du soleil traversant le plexiglas qui  est à demi givré ce matin.  


 
 
 
Tourterelle triste roupillant dans la mangeoire automatisée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

 
 
 
 
Geais bleus au plateaux de sol

 
 

 
    Les geais bleus sont les seuls à pouvoir les déloger lorsqu’ils sont en quête de nourriture. Ils ne tardent pas d’ailleurs à se pointer aux divers postes d’alimentation et à réquisitionner la place. Les occupantes abandonnent le plateau pour venir se percher sur la rampe de la galerie et finalement faire le tour des mangeoires de sol pour gober quelques graines projetées à l’extérieur par nos petits visiteurs matinaux. Puis elles font un petit tour à l’abreuvoir chauffant. La façon dont elles s’abreuvent m’a toujours fasciné. Elles lapent l’eau comme le fait un chat et non comme les autres oiseaux qui se servent de leur bec comme un godet et relèvent la tête  pour faire descendre l’eau dans leur gosier.
     D’instinct les oiseaux semblent savoir que par temps froid, il n’est pas bon pour eux de se tremper les pattes dans l’eau et encore moins de se baigner. Je les ai rarement vus s’installer dans l’abreuvoir à des températures plus basses que le point de congélation et jamais à des températures comme celles d’aujourd’hui. C’est donc sur le rebord de celui-ci ou sur le tuyau de la pompe qu’on les voit se poser pour puiser l’eau. Finalement, nos tourterelles bien désaltérées volent vers les grands érables, se posent sur les branches et  emmitouflent leurs doigts de pied ou leurs moignons avec leurs plumes ventrales.
 



 
 




 
 
 
 
Tourterelle et chardonneret à l'abreuvoir
et tourterelle sur une branche protégeant ses pattes
 
 
     Entretemps les Geais bleus, ayant épuisé leur ration de maïs rond et d’arachides et non satisfaits d’avoir délogé les tourterelles, font le tour des autres mangeoires à la recherche d’un nouveau trésor. Ils réclament leurs mets préférés à grands cris de portes qui grincent. Mon déjeuner à peine entamé, il me faut aller satisfaire leur demande sinon ils feront la ronde des mangeoires chassant tous les autres oiseaux voulant s’y nourrir.
     Pour faciliter l’alimentation de chaque espèce en toute quiétude, j’ai dû user de stratégie et placer à divers endroits des postes spécifiques à chacun.  Les geais ont donc leur plateau bien à eux, un peu à l’écart des autres mangeoires. Ils se limitent la plupart du temps à ce plateau tant et aussi longtemps qu’ils y retrouveront arachides, noisettes et maïs rond.
 
 
 
 
Geai bleu à son plateau avec une noisette au bec
 
 
 
 
 
 
 
 
 
     De retour à l’intérieur, les doigts blancs et le visage rouge, j’espère maintenant pouvoir poursuivre mon déjeuner sans remords.
     Comme prévu, les geais retournent à leur plateau et  d’autres espèces font leur apparition. Les chardonnerets jaunes affluent sur l’hydrangée, l’érable de Pensylvanie, et le pommetier adjacents , aux mangeoires à chardon. Tout comme les juncos, ils ont gonflé leurs plumes pour lutter contre le froid extrême qui sévit à l’extérieur. Ils sont ronds comme des boules de Noёl. Ils prennent d’assaut tous les perchoirs et la chamaille commence. C’est un va et vient continu de l’hydrangée aux mangeoires et des mangeoires à l’abreuvoir. Les plus fanfarons réussissent à garder leur perchoir en ouvrant tout grand le bec d’un air menaçant lorsqu’un congénère s’approche. D’autres, quelques graines à peine gobées, cèdent leur place pour éviter l’affrontement. Puis dans une déroute indescriptible, ils quittent les mangeoires pour revenir aussitôt. Nous scrutons avec attention cette masse mouvante en espérant apercevoir un sizerin. Nous devons déclarer forfait.
 
Chardonnerets au chardon et au tournesol
 
      Aux mangeoires de tournesol les chardonnerets tout aussi rondelets, prennent soin de bien choisir les graines qu’ils décortiqueront. Ils semblent vouloir tirer le maximum d’énergie pour le travail fourni. Leur attitude laisse croire qu’ils soupèsent les graines et n’écalent que les plus pesantes, rejetant les autres hors de la mangeoire dans le ramasse-graines.
      Cette année ils sont peu nombreux, à peine une dizaine. L’alternance entre chardonnerets et sizerins semblent à nouveau une réalité. Il n’est jamais arrivé de voir ces 2 espèces  à nos mangeoires en nombre équivalent. Une année ce sont les chardonnerets qui dominent alors que l’année suivante ce sont les sizerins. Ce cycle se perpétue chez nous depuis de nombreuses années et il arrive même que l’espèce dominante éclipse totalement l’autre espèce.
 
À suivre
 
 
 
 
 

2 commentaires:

Lorraine Martin a dit...

C'est merveilleux Gilles de visiter votre blog si documenté. Gros bravo et merci pour tout le temps que vous consacré pour donner des informations. Lorraine

Gilles Lacroix a dit...

Merci Lorraine pour ton commentaire. Je sais que tu mets beaucoup de temps, toi aussi, à informer les ornithologues. Le partage apporte tellement.